Bestiaire inadapté
Ensemble d'œuvres présentées dans le cadre de l'exposition Triops, en 2012 avec les lauréats du Prix de la Ville de Nantes
Texte de Marion Daniel, "Les riches heures de Jean Bonichon", 2013
Réalisé à l’atelier Christian Couty de l’ENSA Limoges
Peau de chagrin, 2012 baignoire, fourrure synthétique, résine polyester, micro-billes, technique mixte 75 x 160 x 60 cm
Panique au Lion’s Club, 2012 chêne sculpté ciré, quincailleries, pare-brise recouvert de tissu vichy, laitue 90 x 140 x 85 cm
Réalisée avec le concours de la Ferronnerie d’Art Pierre Bonichon (Viersat)
Le désespoir du fou à pattes bleues, 2012 7 éléments en étain. Epaisseur : 1,5 cm rond : entre 10 et 20 cm de longueur ovale entre 7 et 12 cm de largeur Collection privée
Croisière blanche, 2012 résine acrylique et peinture blanc mat, tôles bac acier 90 x 600 x 180 cm
Jeux de balle interdit (dédié à mémoire d'éléphants), 2012 érable sycomore sculpté et ciré, ballon de basket 110 x 30 x 45 cm
Mains-cendriers de gorille, soupe d’ailerons de requin, poudre aphrodisiaque de cornes de rhinocéros, trophés-tapis de tigre, steaks-sushis de thon rouge, bibelots d’ivoire d’éléphant, cosmétiques de graisse de baleine, chaussures en peau d’antilope et manteaux en fourrure boréale,… ; de toutes parts les animaux sauvages étaient cernés, sans aucun moyen de repli sur des territoires transformés en peau de chagrin et à la merci des changements climatiques.
Bestiaire inadapté est alors un ballon d’essai des plus précaires pour s’adapter à notre société moderne, effort pour se fondre dans la masse consumériste.
Par un déploiement d’ingéniosité, ses animaux semblent alors s’hybrider aux objets usuels pour fondre dans notre quotidien.
Mais toutes tentatives restent illusoires et le vivant se montre inapte, inadapté,
inapproprié; cette intégration moderne restera hypothétique ou simplement pathétique.
N’en ressort que le fiasco stérile de chimères avortées et inquiétantes.
Jean Bonichon
mai 2012
© Adagp, Paris