I Am Water
[...] Leurs yeux fermés comme pour se couper du monde, leur seul miroir est l’eau, l’eau amie qui est la seule à pouvoir refléter leur nature incertaine. Symbole de fluctuation et de changement, l’eau leur offre l’oisiveté tant recherchée dans le plus intime des lieux, pour échapper aux yeux des autres, que Virginia Woolf comparait à des prisons.
Supprimer les contours de la définition de soi, c’est ce qu’évoquent les corps qui se fondent dans l’eau du bain. Les baignoires figurant dans chaque petit tableau sont autant de minuscules chambres à soi, de jardins secrets, coquilles protectrices où les jeux de la représentation sont absents. L’eau chaude dissout les cages de l’image féminine; c’est sans doute de cela dont parlait Sylvia Plath.
L’air amusé et paisible, les baigneuses semblent penser : je suis un corps d’eau, comment prétendez-vous vous emparer de moi ?
Crédits photographiques : Danilo Donzelli