Natura Lapsa

[...] Les œuvres d’une trentaine d’artistes composent un environnement immersif où les sculptures deviennent arbres, branches ou rochers tandis que les peintures et les murs deviennent forêt, iceberg ou lignes d’horizon. Les choix de mise en espace rejouent en partie les codes muséographiques des musées d’histoire naturelle ou de civilisation. Le diorama et son système de présentation par mise en situation ou mise en scène d’un modèle d’exposition agit comme schéma de référence mais en lieu et place de l’animal disparu ou du personnage historique apparaissant dans son environnement habituel. Ce sont les sculptures qui prennent le premier rôle de cette reconstitution fragmentée et atmosphérique.

La grande majorité des artistes invité·es contournent la figuration et refusent des représentations trop évidentes de la nature. On ne trouve que très peu d’éléments naturels dans les matériaux utilisés. Le cuivre, le graphite, le spray, la mousse expansée, les émaux, les néons remplacent le bois, la terre, la pierre ou la lumière. La main domine pourtant sur la production déléguée, la récupération et une certaine humilité dans les échelles créent une ambiance, feintent l’homogénéité. Le modèle même qui a préexisté à l’œuvre semble avoir disparu, s’être distordu jusqu’à l’effacement. Aux représentations naturalistes, nous préférons les formes monstrueuses que seule la nature peut engendrer. [...]

Yann Chevallier, texte de l'exposition, 2014 (extrait)

Avec {{ Un long nœud de trompes (2013-2014)}} de Laurent Le Deunff et (de gauche à droite) des œuvres de Anne Craven et Stéphanie Cherpin

{{ Grotte (2014)}}, œuvre in situ de Laurent Le Deunff et des sculptures de Cécile Noguès

Crédits photographiques : Pierre Antoine
© Adagp, Paris