Les âmes flottantes
Le travail de Ladislas Combeuil présenté à La Chapelle Jeanne d’Arc est avant tout le fruit d’un évidement de la matière et de l’espace. Le bois gratté et évidé de cette sculpture-plancher monumentale vient épouser le sol de l’édifice pour s’imposer comme l’un des éléments de son décor. La sculpture se pratique et se découvre par une approche progressive et sensible. L’immersion est double, celle du spectateur dans l’œuvre et celle de l’œuvre dans son environnement. L’exposition met en évidence la relation entre l’art et l’architecture, son décor et son volume. Elle évoque aussi le rôle de la sculpture aujourd’hui, entre objet autonome et pièce intégrée à son environnement, renouant avec la pratique de l’art in situ qu’elle questionne à sa façon.
[...] L’appréhension de l’œuvre se fait par une approche sensible directe, que renforce l’écoute de la composition sonore de Thylacine. La mise à nu de l’espace architectural, la désaffection des murs comme surface d’exposition, la localisation inhabituelle de l’œuvre au sol, imposent une présence artistique singulière, qui ne sublime pas plus l’architecture que celle-ci ne contient l’œuvre. [...]
La boucle sonore composée par Thylacine s’impose comme une strate supplémentaire, qui contribue à ouvrir l’espace physique et mental. Le paysage ainsi suggéré par l’image et le son s’apparente à une vaste étendue plane et sans limite, en opposition aux espaces fragmentés de notre monde contemporain. [...]
Crédits photographiques : Ladislas Combeuil
© Adagp, Paris