Véhiculaire

Au commencement, deux chaises pliantes sont soudées dos à dos, puis trois chaises sont reliées entre elles, enfin une est seule, la soliloque. Pour chacune, la chaise du porteur est munie de sangles d’attache. Et ce n’est pas terminé, il y en aura de quatre, de six... avec plusieurs porteur·ses, jusqu’à pouvoir saturer un espace, une place publique par exemple. Une de ces places où aucun arrêt n’est possible.
Ces chaises, si elles se portent à vide, semblent supporter l’autre virtuellement. Elles sont des objets de communication ou de solitude. Celui·celle qui se déplace avec la chaise a des allures d’animal mécanique empêtré. En s’installant devant quelqu’un d’inconnu, le·la porteur·se peut inviter, avec la(les) chaise(s) vide(s), à un échange atypique : parler sans se voir. Et c’est seulement la présence d’un·e autre, une fois assis·e, qui restitue au·à la porteur·se un semblant d’aise.

Kristina Depaulis

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Crédits photographiques : Kristina Depaulis (sauf mention contraire)
©Adagp, Paris