Séchoirs de corps
Deux Séchoirs de corps anthropomorphiques sont posés au sol et accrochés à des ventilateurs, semblables à des cocons d’air en respiration continue. Les visiteur·ses sont invité·es à poser leurs chaussures et à entrer dans les pièces afin de sécher. De la couleur des moulures, d’un vert-turquoise amenée à disparaître, ces objets répondent à la question de la transformation du musée en créant une mémoire du lieu. Lorsqu’un corps est plongé dans le musée, il pénètre cet espace gorgé de son humidité propre - sudation souvent amplifiée par celle liée aux intempéries. L’augmentation brutale de l’eau dans l’air, provoquée par cette intrusion, implique des conséquences parfois néfastes sur les œuvres exposées. L’un des points traité dans la transformation à venir est la création d’un couloir souterrain d’accès au musée, fonctionnant comme un sas d’acclimatation et de séchage.
Partant de cette idée et considérant que le·la spectateur·rice qui pratique les objets devient l’œuvre, le·la sécher revient à troubler les repères de manière ludique. Isolé dans cette enveloppe, le corps fait une triple expérience : celle d’être allongé dans un musée, celle de son corps séché une fois sorti et celle d’être «œuvre» durant le temps de l’expérience.
Kristina Depaulis
Découvrir les Maquettes
Crédits photographiques : Antoine Gatet
©Adagp, Paris