Les dernières folies d’Anastasie

Elle s'appelle Lucie. Elle veut devenir vétérinaire. Lucie vit chez sa grande sœur, Anastasie, qui a 25 ans. Sébastien, c'est le petit copain d'Anastasie. Il est sur un fauteuil roulant. Ils habitent tous les trois à Autun.

Un jour, Anastasie décide de quitter la ville pour s'installer dans l’Yonne. C'est là qu'habite la famille de son fiancé. Forcée de quitter ses meilleures amies, Lucie entre en conflit avec sa sœur. Le départ mettra Lucie dans une sale humeur.

Quelques jours plus tard Lucie a la chance de rencontrer Corine. Lucie lui expose certains détails de sa vie : avoir quitté son père pour s'installer chez sa grande sœur, être rentrée en conflit avec elle à cause du déménagement. Corine est une bouffée d'oxygène pour Lucie, quelqu'un à qui se confier. L'année prochaine, Corine et Lucie iront dans le même lycée, en seconde.

La rentrée arrive. Dans la classe Lucie est tout de suite remarquée. La plupart de ses camarades se sont connus au collège. Lucie a des airs de Norah Jones. On la compare à Pocahontas, ou Tomb Raider. Certains lui ont même trouvé un surnom : « Bonhomme ».

Kévin Huber

Anastasie se dit.
Me voici dans l’isolement.
Me voici dans l’ombre.
Me voici dans l’austérité.
Me voici dans le béton.
Me voici prêt des angles, me voici sur le dur, me voici face au fer, me voici face aux grilles.
Me voici dans le ciment.
Me voici brûlée.
Me voici percée.
J’ai reçu mon carreau de vie.
J’ai marché dessus, j’ai tapé dessus.
Le voila fissuré, le voila fracturé.
Demander une vitre toute neuve, c’est peine perdue.
Réparer la fenêtre abimée : inutile.
Il reste à constater, il reste à contempler, il reste à ramasser, il reste à oublier, il reste à nier, il reste à porter.
Pourquoi cette rage, pourquoi cette haine, pourquoi cette furie ?
J’ai déraillé sur mon vélo du passé, mon autrefois pédalo, moi qui était petite fille.
J’ai laissé la chaine de ma tranquillité pendre dans l’eau, trainer au sol.
Au lieu d’avancer, je me suis enfoncée dans le sable ravageur, dans le sable destructeur, dans le sable séducteur : une question de choix, de volonté.
La volonté du choix, le choix de la volonté.
La décision de sombrer, la décision de couler.
Tout se couvre de noir, tout se perd.
Comprimée dans l’obscurité, je disparaîtrai.
Comprimée dans l’obscurité, mon corps deviendra poussière.
Ecrasée, je demeure dans le choc, dans l’extrême.
Ecrasée, je serai bientôt brisée !
Étape de travail : "Dans les pensées d'Anastasie"