From Beyond
[...] L’exposition From Beyond[[Grégory Cuquel,_From Beyond_présentée à la galerie Olivier Robert curatée par Jérôme Lefèvre. Exposition du 21 juin au 28 juillet 2012.]] de Grégory Cuquel est fondée sur cette notion de ruine. Sans doute Jean Clair y verrait même une ruine de l’art, l’expression de sa décadence, voire de son ignominie. À raison ? Ce n’est ni à exclure, ni à considérer comme inimaginable par l’artiste. Parce que justement Grégory Cuquel se place dans une tradition de l’anti-tradition. Cette fameuse lignée née de l’underground pour bouleverser les règles et renverser les codes moraux et esthétiques avant d’être, à coup sûr, récupérée, digérée, adulée par une société extrêmement résistante à toute tentative parasite. Pas besoin de dresser l’arbre généalogique, racines en l’air à la manière des_Upside-down trees_de Robert Smithson, de ces rebelles en herbe. Le tracé Dada-situationnistes-punks a été fait de manière indépassable par Greil Marcusnote. Tous désormais marketés, vendus, absorbés, muséifiés, à la pensée déformée, réduite à un format consommable. Mais l’on pourrait continuer la ligne. La génération américaine des Dash Snow, Dan Colen, Ryan McGinley, etc, illustre parfaitement cette génération de non-conformistes. Seulement, cette dernière a été dressée pour être assimilée par le marché. Premier exemple peut-être d’une révolte consciente de son potentiel commercial. Ce qui ne signifie pas une révolte fabriquée. Mais une révolte désireuse d’être exhibée (la mort/suicide de Dash Snow étant la pierre d’achoppement du système). Grégory Cuquel est-il pour autant leur « cousin d’Amérique » ? [...]
Benjamin Bianciotto, "Grégory Cuquel - From Beyond : Deux manières de baiser", 2012 (extrait)
{{ Cercle Pit / Love and Hate, 2012}}
Pédales grosse caisse, verre, stickers polystyrène extrudé, bombe aérosol, 120 x 97 cm
Crédits photographiques : Rebecca Fanuelle