Corps minéral

{{ Corps minéral, détail, 2018}}
Galets et poudres de galets
Photographies : Claire Colnot

"Ainsi, jusque dans sa plus petite molécule, la montagne énorme forme une combinaison d’éléments divers qui se sont mélangés en proportions changeantes ; chaque cristal, chaque minerai, chaque grain de sable ou parcelle de calcaire, a son histoire infinie, comme les astres eux-mêmes. Le

moindre fragment de roche a sa genèse comme l’univers. [...] Mais non seulement les molécules des roches se rapprochent ou s’éloignent et se groupent diversement, suivant les conditions physiques dans lesquelles elles se trouvent pendant le cours des âges, mais la composition des pierres change également ; c’est un chassé-croisé continuel, un voyage incessant de corps qui se déplacent, s’entremêlent, se poursuivent. [...] L’histoire de la montagne est celle de la planète elle-même ; c’est une destruction incessante, un renouvellement sans fin."

Élisée Reclus
Histoire d’une montagne, extraits librement assemblés, 1880.

{{ Corps minéral, détail, 2018}}
Poudres de roches sérigraphiées sur papier
Série taches, 30 x 40 cm chaque
Photographies : Christophe Clottes

{{ Corps minéral, 2018}}
Poudres de roches sérigraphiées sur papier
Série points, 102 x 72 cm
Photographies : Ivan Bléhaut

Christophe Clottes continue à s’intéresser aux pierres charriées et polies par

les rivières, à ces grands rochers erratiques poussés par des glaciers

aujourd’hui disparus. [Sa] résidence au Bel Ordinaire est l’occasion pour lui

d’expérimentations multiples qui lui permettent de mettre au point des

procédés d’impression. En s’appuyant sur la technique de la sérigraphie,

après avoir créé des pigments en broyant des roches, il parvient à générer un

nouveau type d’images. Jouant de l’analogie entre l’érosion et la

sédimentation produites par le temps et les rivières et celles qu’il parvient à

mimer dans l’atelier, il crée ainsi deux séries. L’une s’appuyant sur un travail

de dessin au point, l’autre sur des formes plus vagues, plus floues, plus

fantomatiques.

Florence De Mequenem